mercredi 17 août 2011

Palliatif, le bonheur pour tous ?

Il suffit d'un seul fait divers pour que de nouveau on reparle de l'euthanasie. C'est sans doute un peu la preuve que le sujet n'est pas encore réglé en France. 
On lit beaucoup d'approximations sur le sujet. C'est à nouveau sur le site d', que j'ai trouvé mon blogueur du jour, Mathieu du blog , qui nous indique qu'il a changé d'avis sur l'Euthanasie. J'ai cherché un peu ... mais je n'ai rien lu de sa part sur le sujet auparavant. Peu importe, il a changé d'avis et est maintenant un partisan du statut-quo, et cela rien qu'en entendant Nora Berra et Jean Leonetti. Excusez du peu.
Ainsi je cite : "'il s'avère que la population réellement en demande d'euthanasie n'est quasi-exclusivement constituée que de personnes très souffrantes, pendant longtemps mal soignées, abandonnées par leurs proches et qui, honteuses du regard des autres devant leurs situations, demandent à en finir. C'est important de le savoir car souvent, ceux qui réfléchissent à l'euthanasie sont bien différents de ceux qui finiront pas sérieusement y penser." A part la dernière phrase, dont je cherche encore la signification, il se trouve que ma petite expérience de soignant me fait dire qu'il ne faut pas user de raccourcis devant ce sujet.
On peux donc reprendre un à un les arguments de cet article :
  1. La douleur peut être maîtrisée, et encore faut-il qu'elle soit entendue, comprise. Les progrès sont très importants depuis plus de dix ans. Mais il reste beaucoup à faire. Les équipes médicales sont encore très concentrés sur les maux du patient, sans se projeter sur les conséquences thérapeutiques de leurs choix. Faut-il guérir ou soigner ? De plus l'auteur croit savoir qu'il y a " 520 000 décès par an dans la dignité dans les services des soins palliatifs". La politique du chiffre contre les faits. Il n'y a pas de mort digne à chaque fois. Il y a des circonstances, des manques de structures. Croire que 520 000 sur 6000 lits de soins palliatifs (en structure ou identifiés) (soit 86 morts par lits, ou encore un mort tous les 4 jours) est une preuve d'angélisme. Malheureusement il reste beaucoup d'effort à faire tant en formation, qu'en personnel. Ce n'est pas la raison pour envisager une solution comme l'euthanasie, mais l'auteur de l'article ne doit pas non plus utiliser l'argument fallacieux que la mort à l'hôpital est maintenant digne.
  2. Le sentiment d'abandon. Si la mort est maintenant dignes selon l'auteur, il persiste un sentiment d'abandon. Celui-ci n'est pas seulement matériel. Il est celui d'un souffrant ou d'un mourant seul devant son devenir.
  3. L’opprobre. La prise en charge de la douleur et du "bien-être" ne feront pas tout. Le regard que porte le mourant sur lui-même est au combien important. On peut lui apporter toute l'attention possible. S'il estime son intégrité physique atteint de façon irrémédiable, aucune prise en charge ne pourra le satisfaire.

Il  s'agit donc d'un enfumage et d'une belle hypocrisie. Ainsi "En résumé, aujourd’hui, en France, on a le droit de ne pas continuer à vivre, mais on n’a pas le droit de demander la mort" le tout en rappelant la rupture entre les choix à droite et à gauche...

source :


Rajout : à lire sur le point de vue du jusqu'aux commentaires.

3 commentaires:

  1. Je ne vais pas tout répéter ce que j'ai écrit tout récemment (il a dû recevoir ma lettre maintenant) à Jean Leonetti soi-même.

    Répondre
  2. je connais ta lettre pour l'avoir lu précédemment.

    Tes mots sont justes et font comprendre que ta détermination est toujours intacte.

    Répondre
  3. Là où ca doit etre le plus dur, c'est quand des gens comme toi, voient les gens souffrir tous les jours. Ca doit etre dur psychologiquement.Sans vouloir trop rentrer dans l'intime, tu as le droit de ne pas répondre à ma question, on ressent quoi?

    Répondre

Troll un jour, troll toujours ?
allez fais un geste, cher anonyme,
trouve-toi au moins un pseudo !