mercredi 11 mai 2011

et le lundi matin l'instituteur nous engueule


C'était un groupe de copains qui ont beaucoup trainé ensemble à l'école. Une bande de 5. Alors forcément c'était un peu comme les filles, le lundi matin ça se racontait les petites histoires et les grandes farces. Ce matin-là dans la cour de l'école publique de Planguenoual, le sujet est grave et important.
  • t'as fait la fête ?
  • non, chez moi on a été se coucher.
  • ah parce que chez moi, mes grands-parents ont bu le champagne à la maison.
  • non mes parents n'étaient pas content.
  • Z'ont pas voté pareil.
  • Ben non !
  • chez moi oui !
  • et alors.
  • Ben rien.
On n'aime pas trop quand c'est la fête à la maison mais que les copains ne participent pas. On était là de nos réflexions sur les dispositifs d'aide au départ en retraite d'un président de la république, quand un grosse voix s'est fait entendre derrière nous.
Ce n'était plus la communale et pas encore un groupe scolaire, c'était l'école publique. C'était encore le genre d'endroit ou tu te prenais une claque facilement par le maître et ensuite par tes parents pour bien te faire comprendre que c'était l'instituteur qui avait raison. Donc la grosse voix était celle de notre instituteur : arrêtez de parler de ça et ne dites pas pour qui vos parents ont voté !
C'était le genre de reproches dis avec toutes les menaces qui rendaient nos oreilles toutes rouges. De toute façon on a pas eu le temps parler d'autre chose, nous sommes rentrés en classe. 
François Mitterrand était le président de la République. Et la vie reprenait.
Paul ou Pierre (quelle idée d'avoir eu comme instituteur puis comme professeur deux frères jumeaux) devait bien rire avec Claude et Michel, les deux instituteurs. J'ai su bien plus tard que les écoles publiques étaient des repaires de sociolo. Ils jouaient bien la comédie devant les mômes.

Photo :

2 commentaires:

Troll un jour, troll toujours ?
allez fais un geste, cher anonyme,
trouve-toi au moins un pseudo !