samedi 30 avril 2011

La Seine-Saint-Denis participe à l'effort national


Vendredi nous avions une réunion de parents d'élèves. Une réunion de l'ensemble des écoles primaires de la ville d'Aulnay Sous Bois. Les parents d'élève ne sont pas contents, et veulent le faire savoir.
Le gouvernement s'est enfermé dans un logique comptable de l'enseignement en primaire. Il faut faire des économies, et le premier volet est celui de l'encadrement. Il cherche à réduire le nombre d'enseignants coûte que coûte. 
Les premiers enseignants à faire les frais de cette gestion sont les spécialisés : les . Ces enseignants ont pour fonction de fournir des aides spécialisées à des élèves en difficulté. Ils comprennent les maitres "E" (difficultés d’apprentissage), les “maîtres G” (difficultés d’adaptation à l’école), et des psychologues scolaires. Leur travail permet d'éviter le décrochage scolaire. Sur les 20 postes d'Aulnay, 5 sont supprimés dont 3 dans le sud. Là ou un maître "E" s'occupait en moyenne de 5 écoles (maternelles et primaires), les enseignants "survivants" vont devoir prendre en charge un nombre tellement élevé d'enfants, qu'aucun suivi de qualité ne sera possible.
Et pourtant les efforts doivent être poursuivis: , expert à la direction éducation de l’OCDE : “PISA : l’écart se creuse entre les très bons et les très mauvais élèves”. 
Le système apparaît de plus en plus dichotomique. L’écart se creuse entre les très bons et les très mauvais élèves. Les élèves moyens sont de moins en moins nombreux. En compréhension de l’écrit, la proportion de jeunes qui n’ont pas le niveau 2 est passée de 15 à 20 % entre 2000 et 2009. Les performances en maths ont également diminué de façon inquiétante depuis 2000. La France passe du groupe des pays forts à celui des pays dans la moyenne. Si elle était au-dessus de l’Allemagne, la Pologne et le Portugal il y a dix ans, elle est aujourd’hui au même niveau que ces pays.

Pour en savoir plus je vous conseille de lire l'excellent :
Avril 2011
Les rectorats annoncent au compte-goutte (surtout, ne pas lever l’indignation partout en même temps !) les suppressions pour la rentrée 2011. Et là, ô surprise, ce sont désormais des postes d’enseignants devant élèves qui sautent ! Le ministre avait pourtant bien dit que ce ne serait pas le cas… Sûrement voulait-il ne pas alarmer la population…
Nous voilà donc avec nos 1 500 classes qui ferment.
Jusque fin 2010, les gouvernements n’avaient touché qu’à la fameuse graisse du mammouth, et tout le monde lui trouvait meilleure mine ainsi liposucé. Plus du tout équipé pour lutter contre le froid, les avis de gros temps, sensiblement affaibli, mais bon. Ce délitage souterrain ne s’était pas traduit par des suppressions de classes puisqu’en 2009 et en 2010, le solde restait positif avec 126 et 373 ouvertures de classes sur l’ensemble du territoire.
Mais maintenant que la bête est dégraissée, on s’attaque au muscle.
Le ministre a annoncé que les suppressions continueront au même rythme en 2012 et 2013. Les fermetures de classes vont se multiplier.
df
Une classe supprimée, c’est quoi ?
Pour finir, rappelons rapidement ce que signifie une suppression de classe concrètement dans une école. Au ministère on nous dit qu’il y aura « un élève en plus par classe ». Ah bon, ça va alors ! Passer de 27 à 28 élèves par classe, c’est pas la mer à boire !
Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. Dans les faits, certaines écoles ne changent rien pendant que d’autres sont amputées d’une classe. Pour ces écoles-là, tout va changer : le nombre d’élève par classe va monter de 3 ou 4 unités, mais c’est un moindre mal. Surtout, la « structure pédagogique » va être modifiée. Dans cette école il y avait par exemple 2 classes de chaque niveau (CP, CE1…). Avec une classe en moins, il faudra faire plusieurs classes à doubles niveaux, par exemple CP / CE1, ou CM1 / CM2, en fonction des effectifs. Une classe à double niveau est une classe plus difficile à mener que les autres, mais surtout une classe qui demande des élèves plus disciplinés, autonomes. Par ricochet, ce sont les autres classes qui hériteront des élèves moins disciplinés et moins autonomes… Ces autres classes seront donc également plus difficiles à mener, dans des conditions d’enseignement bien moins bonnes…
Au final, c’est toute la structure de l’école qui est touchée, tous les élèves qui seront concernés.
Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine.

A Aulnay les parents commencent à s'organiser, en bloquant l'école Jules Ferry comme la semaine dernière. Les exemples et les expériences des uns et des autres commencent à remonter comme les absences d'enseignants non remplacés. L'école est sous pression et cela commence à se ressentir un peu partout. 16000 postes seront supprimés cette année. A cela le rectorat a répondu que "nous maintenons nos mesures de suppression ; il faut bien que la Seine-Saint-Denis participe à l'effort national, nous ne faisons qu'appliquer les commandes venues du ministère". Nous connaissons les difficultés de notre département. Mais puisque le ministre Luc Chatel ne veut rien savoir, nous allons lui faire savoir que l'éducation de nos enfants n'est pas une ligne de bilan comptable.

Rassemblement prévu 
Tous au Ministère le mercredi 4 mai !
Rdv 14h30 à Solferino

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