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samedi 27 février 2010

Gérard Gaudron, la sécurité routière et le permis à point

Monsieur Gaudron est sans doute très inspiré.

Dans son assemblée, il doit lire des jolis textes qui mettent en valeur le travail du gouvernement... Par exemple sur la loi

Des fois, il pense que son travail est tellement important
Mais il oublie que le journaliste remet à plat

Et puis souvent il s'ennuie.
Alors il cherche quelque chose à faire.
Tiens, il va écrire une nouvelle question au gouvernement.

On a déjà eu l'heure d'hiver, les manuels scolaires, la déontologie de la fonction territoriale, les pompes funèbres, les animaux de compagnie, le mannequinat, ... Mais aussi beaucoup de questions plus utiles sans doute.
C'est sans doute très compliqué de devoir poser une question intelligente. Vous savez LA QUESTION qui fait avancer le débat, celle qui permet de mettre en lumière un pan entier de la politique gouvernemental.

Ce matin du 16 février, il a pris sa belle plume. Et d'un ton vengeur, il a demandé ceci :
M. Gérard Gaudron attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur la situation de nombreux automobilistes qui utilisent quotidiennement la voiture pour leur travail et se voient retirer des points pour de petites infractions, ce qui leur pose souvent des problèmes, parfois même pour garder leur emploi. De plus, de nombreux citoyens considèrent que certains contrôles de vitesse ne sont mis en place que pour faire du chiffre à leur détriment, ce qui n'a en plus aucune valeur pédagogique. Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer quelle réponse pourrait être apportée à ces automobilistes qui ne sont aucunement des « délinquants de la route » et si une réforme des conditions de retrait des points est envisagée.


Pas de chance, mon cher député, je peux déjà prévoir la réponse du ministère. On ne change rien et surtout on accentue la répression de cette délinquance. Les arguments sont connus d'avance :

"4262 personnes sont mortes sur les routes métropolitaines en 2009, un tout petit peu moins (-0,3%, 13 victimes de moins) que l’année précédente." Libération, 18 février 2010
Mais surtout, Chantal Perrichon, de la ligue contre la violence routière, a publiée ce texte dont je reprends les extraits :
Des radars « machines à sous » – On ne peut limiter l’approche économique de la sécurité routière aux seules recettes « indues » de l’État par le biais des amendes. En effet si en 2008 les contrevenants ont dû verser 550 M€ au Trésor public, le bilan
économique de cette politique de sécurité routière a une toute autre dimension. Ce n’est plus en centaines de millions d’euros qu’il faut compter à l’actif de cette politique mais en milliards. Et les bénéficiaires, ce ne sont pas les caisses de l’État mais la collectivité nationale tout entière : ce sont les usagers par la baisse ou le maintien (hausses non répercutées) de leurs primes d’assurance ! Avec une économie moyenne de 125 euros par prime d’assurance (selon des assureurs), même le contrevenant pénalisé d’une contravention de 90 euros dans l’année est encore « gagnant »...
100 000 permis invalidés en 2008 – Les petits excès de vitesse répétés sont rarement à l’origine des pertes de permis. Chez les conducteurs qui perdent leur permis pour solde nul la vitesse ne représente que 20 % des permis perdus alors qu’elle représente plus de 40 % des points perdus par l’ensemble des conducteurs.
Il faut savoir aussi que la moitié a commis au moins une infraction entraînant un retrait de 6 points et que la part de ceux qui ont fait des stages de récupération de points avant la perte du permis est faible (moins de 20 %).
Alors la prochaine fois que notre député s'ennuie sur son banc à l'assemblée, il devrait regarder le planning du premier ministre qui deux jours après sa question réunissait

Ou mieux alors, il devrait lire Pondération, le bulletin de la ligue contre la violence routière.


Cette question était inutile, limite populiste. M. Gaudron veut faire plaisir, il veut plaire. Il laisse croire que l'on peut revenir en arrière en matière de sécurité routière. Alors qu'au fond, il sait parfaitement bien que jamais ce ne sera possible.
Il préfère renvoyer sa responsabilité d'homme politique vers le gouvernement et son administration. Il aurait pu s'abstenir de poser cette question. Mais il a préféré mouiller quelqu'un d'autre. Quand la réponse arrivera, il aura beau jeu de dire que décidément cette administration ne comprend rien.
Est-ce cela le bilan que M. Gaudron voudra défendre en 2012 ?

vendredi 26 février 2010

Citation du jour, ... aussi

"La folie, c'est de se comporter de la même manière mais s'attendre à un résultat différent."
Albert Einstein


"On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la Guerre."
Jean Jaurès


Note : devant la dérive de certains commentateurs, ceux-ci sont fermés

mercredi 17 février 2010


Tiens, je ne sais pas pourquoi cela me dit quelque chose ???

M. le député Gaudron et la vidéosurveillance : à nouveau du copier-coller

Notre cher député Gérard Gaudron nous informe sur son blog que
"Votre député (est) dans le journal Le Monde", en date du 16 février 2010.


L'extrait est le suivant :
Je vous signale que dans l' article du Monde en date du 16 février " Quand la "vidéoprotection" remplace la "vidéosurveillance", figure un extrait de mon discours prononcé à la tribune de l'Assemblée nationale :

(...)résumé par le député UMP Gérard Gaudron, lors des débats sur la Loppsi 2 : "Dans de plus en plus de communes, à Aulnay-sous-Bois par exemple, la vidéoprotection est désormais acceptée par tous. Pourtant, au moment où je l’ai fait installer, en 2004, l’opposition de gauche a crié au loup. [...] Aujourd’hui, la population réclame l’extension du périmètre d’installation de la vidéoprotection car, chacun le constate, les villes dotées de ce dispositif ont vu leur délinquance baisser et le sentiment d’insécurité diminuer dans les espaces vidéosurveillés."


Je suis curieux et attentif du travail, et des écrits de notre député. Je suis donc allé à la pêche aux informations directement .

Tiens mais il manque le début de la phrase : "glissement".
Ce glissement est le passage du proche au proche, qui équivaut d'ordinaire à la substitution d'un équivalent approximatif. (source : )
En voilà une coquille. En effet l'auteur de l'article explique dans son article comment on est passé du terme de vidéosurveillance à celui de vidéoprotection.
En conclusion il dit même :
Il est toutefois difficile de ne pas voir également dans ce changement de terminologie un effort pour imposer un terme plus rassurant que le mot "vidéosurveillance."
Mais de cela, notre député n'en dit pas un mot.
Au contraire, il affirme que "Aujourd’hui, la population réclame l’extension du périmètre d’installation de la vidéoprotection". Et comme je sais que je suis désormais sous (sa) bienveillante surveillance. J'attends de sa part la ou les études qui confirment ses dires. Faire un micro - trottoir sur le marché entouré de ses amis ne peut pas lui permettre de dire que chacun désire une caméra sur chaque trottoir de la ville. L'extension de la surveillance ira jusqu'où ? et à quel prix et pour quelle efficacité ???
A vouloir nous montrer la qualité de son travail par une certaine relative reconnaissance journalistique, il nous permet encore une fois de douter de la qualité de son travail de parlementaire. à lire sur le site
Et pourtant il connait le copier-coller, notre député, je l'avais déjà vu à l'oeuvre :
source : ,

mardi 9 février 2010